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Rendre visible l’invisible : les liaisons sous-marines, par Agnès de Cayeux

Un appel à projet a été lancé pour la saison pilote d’Art Factory, avec deux thématiques à explorer pour les artistes : Matérialité du réseau et le monde de LoRa. Nous interviewons aujourd’hui Agnès de Cayeux, artiste du « Net Art » depuis les années 1990. Elle travaille toutes les formes multimédia.

En résidence pour une année sur le campus de l’innovation  d’Orange, Agnès de Cayeux a réfléchi sur la matérialité du réseau. De façon concrète et avec beaucoup d’émotion et de poésie, elle a choisi d’explorer « où passe la donnée ».

Mais… Comment peut-on raconter le réseau ?

Agnès de Cayeux met en valeur ce fait peu connu du public : presque toutes les données échangées dans le monde passent par des câbles sous-marins, alors que le public imagine qu’elles transitent, la plupart du temps, par satellite ou par antennes. Alors que la réalité est au fond des mers, ils pensent au ciel…

« Je m’intéresse énormément à la question du réseau, de la donnée, un sujet  auquel mon travail sur le Net Art m’a sensibilisée », explique Agnès de Cayeux. « Le fait que la vaste majorité des échanges de données transite via des câbles sous-marins m’interpelle. D’abord humainement (il y a des marins dans ma famille). Ce qui m’intéresse aussi, autant, c’est la question artistique : chercher à comprendre la technique autour des réseaux oui, mais pour l’emmener quelque part. Je souhaite rendre tangible, avec une intention artistique, ce rapport de l’homme à son univers terrestre et sous-marin », indique-t-elle.

Et précisément, la démarche d’Agnès de Cayeux est très humaine. Au cours de son année en résidence avec Orange, elle a eu envie d’aller à la rencontre des collaborateurs, de fouiller les archives, de mettre en visibilité les collections historiques d’Orange, les archives audiovisuelles, autour des réseaux. Son intention ? Nous proposer un récit.

Une artiste multiforme

Agnès est une plasticienne : elle créé des machines (comme « la machine à vagues », avec des ingénieurs d’Orange) et des installations. Elle produit aussi des écrits, au travers de sa correspondance ou des récits poétiques. Le travail qu’elle réalise témoigne de : « comment un artiste s’empare d’une thématique scientifique sous un axe qui n’est pas scientifique Son projet artistique, multiforme, s’incarnera dans une installation dont certains modules ont été réalisés en mode participatif avec les collaborateurs d’Orange :

– une installation plastique regroupant ses recherches, ses créations, un objet de la collection historique, des récits sonores

– et un projet qui comprendra aussi la rédaction d’un Livre Blanc sur sa vision des liaisons sous-marines… et son ressenti, après avoir passé du temps sur le navire câblier Pierre de Fermat, dans les archives d’Orange mais aussi le temps pris à échanger avec des chercheurs. Elle évoquera les marins et rendra visible leur travail physique, et tout l’univers industriel dans lequel ils évoluent.

– Dans ce Livre Blanc, un glossaire est prévu, autour du vocabulaire spécifiquement utilisé par le monde marin et le monde des câbliers. « Le parti-pris consiste à rendre visible tout cela, explique-elle. Comment passe notre donnée, comment transite-t-elle ? Il y a des hommes encore. On s’attend à beaucoup d’électronique mais il y a des marins qui trimballent les câbles, c’est un monde encore très ouvrier avec cette industrie qui reste physique ; au milieu de la mer ou sous la mer, sur le sable dans les fonds marins. Voir que ce monde industriel existe encore à Orange c’est émouvant, et fort.»

Pour Agnès de Cayeux, arpenteuse des réseaux, son travail n’est pas lié au hasard : « Celui qui a installé le tout premier câble sous-marin, souligne-t-elle, était un peintre et un poète : John Watkins Brett ». Figure oubliée qu’elle s’attache aussi à faire revivre, liant ainsi le passé au futur…

Bon à savoir :

Catherine Ramus, ingénieur designer Orange, rappelle la finalité du projet Art Factory : « Ce projet est né de la volonté d’Orange de mener des collaborations pluridisciplinaires, entre artistes et collaborateurs du Groupe. Objectif : impulser des innovations, étudier le processus de création, enclencher un processus de réflexion sur la multidisciplinarité, ouvrir vers d’autres façons de travailler ».

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