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L’Internet de l’énergie introduit une nouvelle rupture dans la filière énergétique

L’Internet de l’énergie introduit une nouvelle rupture dans la filière énergétique

Vingt ans après le déploiement d’Internet, à la croisée du numérique et de l’énergétique, l’Enernet repense les modèles vers une énergie partagée, économe, décentralisée et durable pour une planète résiliente.

Alors que l’Energy Information Administration, l’agence américaine d’information sur l’énergie, prédit une hausse de la consommation mondiale d’énergie de 48 % en moins de trente ans, quelles solutions imaginer pour réussir la transition énergétique, limiter l’impact écologique de la filière énergétique et concourir ainsi à une planète durable ? Bob Metcalfe, l’inventeur d’Ethernet, en est convaincu : l’Enernet, c’est-à-dire la combinaison entre « énergie » et « Internet », offre une clé.

Pour le fondateur de 3Com, société américaine spécialisée dans les équipements réseau, le retour d’expérience sur le déploiement d’Internet permet d’inspirer la construction d’un système d’énergie sur un même modèle décentralisé que celui des télécommunications.

De l’énergie propre quand il faut, là où il faut

Aujourd’hui, l’Enernet pourrait se décliner sur le même principe qu’Internet pour simplifier l’architecture du système énergétique. Avec la baisse du coût des énergies renouvelables, la remise en cause des modèles centralisés et la capacité du numérique à mettre l’énergie en partage, tous les ingrédients d’une rupture majeure sont réunis pour s’attaquer au défi de la transition énergétique.

En s’appuyant sur cette nouvelle dynamique et en synchronisant les ressources, l’Enernet a la capacité de concilier trois bénéfices : le déploiement d’énergies propres, solaire et éolien notamment ; l’éco-efficacité par une consommation maîtrisée ; et la sécurité énergétique sur le territoire, y compris dans des zones en déficit de production. Autrement dit, l’Internet de l’énergie permet de mieux distribuer l’énergie nécessaire quand c’est nécessaire, là où c’est nécessaire, à moindre coût et avec moins d’émissions de gaz à effet de serre.

Au cœur du système, le réseau intelligent

Forts de l’apport du numérique, les réseaux électriques deviennent intelligents (« smart grids »). L’association des infrastructures électriques et des technologies numériques apporte la brique technologique manquante pour aider au pilotage des flux. En collectant des données sur l’état du réseau électrique, le gestionnaire de réseau ajuste en temps réel production, distribution et consommation d’énergie. Il peut alors inciter entreprises ou particuliers à adapter leur consommation suivant des signaux relatifs au prix, par exemple.

Autre atout majeur, le réseau intelligent, en anticipant le niveau de production et de consommation, favorise la bonne intégration des énergies renouvelables. Mieux pilotée par le numérique, l’énergie verte sera utilisée au maximum et contribuera plus massivement à décarboner la production électrique.

Consom’acteur producteur et planète résiliente

Fonctionner en réseau intelligent, c’est déjà le cas dans certaines communes aux Pays-Bas et en France. Équipés de compteurs intelligents reliés en réseau, les habitants autoconsomment leur production photovoltaïque avec un recours au réseau national seulement en cas de besoin. Les compteurs jouent alors un rôle essentiel pour recueillir des données, informer les consommateurs en temps réel et permettre l’utilisation de la production voisine pour mieux synchroniser offre et demande.

Pour ces énergies renouvelables intermittentes, reste une question : comment éviter de perdre le surplus d’énergie produite dans la journée en plein soleil et en profiter le soir ?

Une des solutions réside dans le stockage de l’énergie. De nouvelles technologies se développent et des solutions sont déjà en phase d’expérimentation à l’échelle de quartiers associant plusieurs niveaux de stockage : un premier dispositif soulage le réseau amont, un deuxième permet d’« iloter » le quartier en le rendant autonome quelques heures, et un troisième stocke l’excédent de production photovoltaïque les jours de fort ensoleillement, directement chez les consommateurs.

Nombreux bénéfices

Dans tous ces systèmes, l’Internet de l’énergie garantit l’efficacité des processus en créant une intelligence centralisée pour une optimisation à tous les niveaux de la chaîne de valeur. À l’arrivée, les bénéfices sont nombreux : réduction de la consommation électrique, meilleure utilisation des heures solaires avec développement des énergies renouvelables et implication des consommateurs dans un effort collectif et citoyen. Question coût, si les infrastructures demandent d’importants investissements au départ, une fois en place, les énergies renouvelables fonctionnent à coût marginal nul.

Autant de raisons qui montrent que l’Enernet pourrait changer la donne en profondeur et ouvrir la voie à un nouveau modèle écopartagé, horizontal et collaboratif.

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