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Des robots très humains

Des robots très humains

Écrire des romans, composer de la musique, imaginer des recettes de cuisine, et même flirter… Les robots font de plus en plus de choses comme les humains.

« Que faudrait-il à une machine pour passer de simplement humanoïde à réellement humaine ? », s’interrogeait récemment le magazine américain New Republic dans un article passionnant sur la quête de l’Homme d’un robot sensible. Doit-il être capable de créer des œuvres d’art, de susciter des émotions, voire d’en exprimer ? Grâce au « machine learning » – la capacité des machines d’apprendre au fur et à mesure et d’évoluer en interagissant avec leurs congénères et les humains –, la « robotique créative et affective » a réalisé d’importantes avancées. Les robots s’adonnent désormais à des activités très humaines et pourraient même prétendre à des droits…

Ils composent de la musique

Au xviiie siècle, l’inventeur français Jacques Vaucanson construit un automate qui joue de la flûte traversière, tandis que l’horloger suisse Henri-Louis Jaquet-Droz conçoit une jeune joueuse de clavecin mécanique, qui bat la mesure et salue le public quand elle a fini de jouer. Quelques expérimentations plus tard, en 2016, le titre Daddy’s Car apparaît sur SoundCloud et YouTube. Né dans le laboratoire de recherche privé Sony CSL, cette « chanson pop créée par ordinateur [qui] tient la route » s’inspire d’un ensemble de morceaux des Beatles puisés dans une immense base de données.

Ils nouent des relations affectives

En janvier dernier, Internet se passionnait pour deux enceintes Google Home, engagées dans une discussion sans fin sur le sens de la vie sur Twitch. Pendant plusieurs jours, trois millions d’internautes ont ainsi observé l’étrange badinage auquel se sont livrés Vladimir et Estragon, fascinés par les échanges improbables entre deux machines sur l’humanité, l’amour, Harry Potter et les chats.

L’idée de créer une intelligence artificielle dotée d’une sensibilité affective sort du domaine de la science-fiction pour entrer dans celui de la recherche. S’il faut attendre encore un peu avant de voir les premiers robots-amoureux, l’exemple montre qu’ils sont déjà capables de flirter et de se disputer comme un vieux couple.

Ils imaginent des recettes de cuisine

Vous connaissez Watson, l’IA développée par IBM qui avait fait sensation en 2011 en remportant le jeu télévisé Jeopardy. Le programme est aujourd’hui expérimenté dans différents domaines, dont la cuisine (Les ingénieurs de Big Blue ont créé un algorithme étonnant, capable d’élaborer des recettes inédites. Sur le site Web, il suffit d’entrer un ingrédient pour que Chef Watson propose des combinaisons culinaires et des recettes. Outre le fait qu’il ait « ingurgité » des milliers de connaissances et techniques, la principale qualité de Chef Watson est qu’il n’est pas bridé par les préconceptions d’une quelconque culture culinaire. Cela lui permet de proposer des associations de saveurs audacieuses et (la plupart du temps) réussies.

Ils ont gagné au jeu de go

Le 15 mars 2016, AlphaGo, le programme d’IA développé par la filiale de Google, Deep Mind, battait le champion sud-coréen Lee Sedol au jeu de go. En janvier 2016, il avait déjà battu un joueur professionnel, franchissant une étape de nombreuses années avant ce que les experts avaient prédit, grâce à des techniques combinant apprentissage profond et renforcement. Après la victoire de Deep Blue face au champion du monde d’échecs Garry Kasparov en 1997, le jeu de go restait le seul bastion où l’intelligence humaine résistait encore aux machines. Derrière des règles simples, le jeu cache en effet une grande profondeur et une complexité qui rendaient jusque-là les techniques traditionnelles d’IA inefficaces face à l’intuition et la créativité humaines.

Ils écrivent des romans

On connaissait les robots-journalistes, qui s’implantent dans les rédactions des journaux sportifs ou financiers. Depuis 1983 et la sortie du livre The Policeman’s Beard is Half Constructed écrit par le programme Racter, on connaissait aussi les robots-poètes. Il faut désormais compter avec les robots-écrivains. Des chercheurs japonais ont développé une IA dotée d’une « sensibilité » littéraire, capable de construire une histoire à partir de paramètres préétablis. Sa nouvelle, sobrement intitulée Le Jour où un ordinateur écrira un roman, a impressionné le jury du Hoshi Shinichi Literary Award, connu pour accepter des participants non humains, sans toutefois décrocher de prix. Ouf !

Ils auront (peut-être) des droits et des devoirs

À l’heure où le Parlement européen débat sur l’adoption d’un cadre juridique pour les robots, les trois lois de la robotique formulées par l’écrivain de science-fiction Isaac Asimov n’ont jamais été autant d’actualité. De plus en plus de juristes réfléchissent à un droit spécifique des robots, visant à encadrer l’impact sur la société, l’économie et l’emploi de la robotique. Parmi eux, l’avocat Alain Bensoussan, président de l’Association du droit des robots. Il promeut notamment la reconnaissance de la personnalité juridique des robots, pour que les robots autonomes les plus sophistiqués puissent être considérés comme des « personnes électroniques » dotées de droits et de devoirs.

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