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De l’analogique au numérique : la techno qui a révolutionné la TV, le Wi-Fi et l’Internet mobile

Il en est fait mention dès les années 1950 dans des publications scientifiques, mais l’Orthogonal Frequency Division Multiplexing (OFDM) aura attendu la fin des années 1980 pour faire consensus et révéler tout son potentiel.

Depuis, cette technologie de transmission a fait florès : que l’on regarde les chaînes de la TNT, que l’on surfe chez soi en Wi-Fi ou en mobilité avec la 4G, l’OFDM se cache derrière tous ces usages, aujourd’hui banalisés mais qui ont été et restent autant de révolutions successives dans notre quotidien. Bernard Le Floch, ingénieur Télécom Bretagne, est bien placé pour évoquer l’adoption et la généralisation de cette technologie pour avoir fait la plus grande partie de sa carrière au sein de la Recherche d’Orange et participé aux programmes de normalisation de la radio et de la télévision numériques.

Eurêka ! Un projet fondateur pour l’OFDM

A son arrivée en 1985 dans l’Administration qui s’appelait alors Direction Générale des Télécommunications (DGT), il est rapidement amené à se pencher sur l’OFDM. « L’OFDM restait alors peu connue jusqu’aux travaux de recherche réalisés à partir de 1986 par la DGT et TDF dans leur centre de recherche commun, le CCETT ». A cette époque, le Centre Commun d’Etudes de Télévision et Télécommunications (CCETT), entité conjointe entre Télédiffusion De France (TDF) et le CNET (futur Orange Labs), se retrouve au cœur du projet européen Eurêka 147 pour le développement de la norme de diffusion de la radio en numérique, ce qu’on appelle le DAB (Digital Audio Broadcasting). Une aventure humaine exceptionnelle, ponctuée par de petits instants de bravoure, en particulier quand il s’est agi de promouvoir la technologie OFDM pour le volet Transmission de la norme DAB.

Bernard Le Floch raconte : « le meilleur moyen de valoriser le potentiel de l’OFDM était encore d’en faire la preuve en environnement réel. En un an, nous avons développé un prototype d’émetteur-récepteur OFDM et nous sommes rendus à la Conférence Mondiale des Radiocommunications organisée par l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) à Genève en 1988. Nous avons convié des délégués de l’UIT provenant du monde entier à un tour en Renault Espace pour démonstration de l’équipement. Avec succès, et un impact déterminant auprès des participants ! » L’OFDM avait fait la preuve de sa performance, et plus rien n’allait l’arrêter… En juillet 1990, la décision est prise de retenir l’OFDM pour la radio numérique. Un peu plus tard, l’équipe du CCETT a de nouveau l’occasion de se confronter à des caciques du secteur audiovisuel en se rendant à la convention annuelle de la National Association of Broadcasters (NAB) à Las Vegas, où ils réalisent une démonstration similaire à celle de Genève.

La phase de normalisation de la radio numérique s’est ensuite enclenchée, pour aboutir au standard DAB : « La normalisation est une étape – certes importante – parmi d’autres tout aussi difficiles, parce qu’il s’agit de convaincre les industriels et les opérateurs des avantages d’un nouveau système entièrement numérique. A cet égard, il faut relever la détermination de toutes les personnes ayant contribué à ces projets : une passion et un intérêt profonds pour le sujet, et animées par la perspective de réussir. »

La TNT « explose » avec l’OFDM

En 1992, alors qu’est lancé le groupe de normalisation DAB sous la direction du CCETT, le monde de la télévision veut à son tour en finir avec les vieux standards analogiques – dont les noms, PAL et SECAM, sont encore familiers. Cette même année, le projet digital Terrestrial Television broadcasting (dTTb) se met ainsi en place, piloté conjointement par le CCETT et Philips. A nouveau, le CCETT milite pour l’adoption de l’OFDM, et la technologie sera retenue en 1995 par les partenaires du projet Digital Video Broadcasting (DVB), qui regroupait alors les acteurs industriels européens concernés par la future télévision numérique. « Comme le précédent, ce projet est marqué par la très bonne entente qui régnait au sein de l’équipe interne. Et par la diversité des connexions avec le monde extérieur : nous avons été amenés à côtoyer de nombreux experts provenant de tous les pays européens partenaires du programme de normalisation, et ces rencontres demeurent des temps d’échanges et d’enrichissement mutuel incomparables… »

Fondée sur l’OFDM, la norme DVB-Terrestrial (DVB-T) verra le jour en 1996 et c’est à partir de cette norme que sera développée la Télévision Numérique Terrestre (TNT) en France, finalement lancée en 2005. A la clé pour les téléspectateurs : plus de chaînes, un son et une image en qualité numérique haute définition, une meilleure réception… L’analogique est battu sur toute la ligne !

A l’assaut des réseaux

Comme le précise Bernard Le Floch, « les travaux du CCETT se déclinaient autant au sein d’une branche Diffusion que d’une autre consacrée aux Télécommunications. Nous étions ainsi impliqués dans le cadre de l’ETSI, le normalisateur européen des télécoms, sur le sujet des réseaux locaux sans fil (que l’on désigne désormais par Wi-Fi) en tant que membre du groupe de travail Broadband Radio Access Networks (BRAN). Encore une fois, la technologie OFDM y est défendue avec conviction, avec un paramétrage différent, et se retrouvera dans la version finale du standard Wi-Fi, aujourd’hui utilisé dans nos smartphones, tablettes et PC ! ». Elle sera également employée un peu plus tard, dans une version dérivée, dans les réseaux de téléphonie mobile 4G, et est envisagée pour la future 5G.

Un vaste champ d’applications pour une technologie de transmission qui aura contribué, au final, à faire apparaître de nombreuses révolutions dans nos communications et nos canaux de divertissement et d’information…

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